Quartiers populaires,des actes forts, vite !

C’est l’appel lancé par des maires tels, entre autres, Gilles POUX, originaire de Capdenac, maire de la Courneuve, Martial PASSI, maire de Givors, Dominique Adenot, maire de Champigny et président de l’ANECR, Marjolaine Rauze, maire de Morsang, une des initiatrices des premières démarches de démocratie participative, ou Marie-George Buffet, députée du 93, à l’issue du conseil interministériel du 6 mars dernier sensé redonner un souffle nouveau à la République dans les quartiers à forte densité d’habitat social où les classes populaires et moyennes sont encore les oubliées.

« Malheureusement, les annonces restent bien en deçà des attentes en raison d’un défaut d’arbitrage politique et d’un carcan idéologique empêchant de libérer les énergies et les moyens, et à cause de plusieurs erreurs de diagnostic, » disent-ils

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« Il faut faire beaucoup plus pour les quartiers populaires, mener de front et ensemble:

-un volet humain comprenant l’éducation, la culture, le sport, l’emploi et la formation, la santé.

-un volet urbain comprenant l’habitat, le cadre de vie et la transition énergétique.

et non se borner à refaire la liste de constats et d’engagements déjà actés. Les bonnes intentions ne suffisent pas. Nous restons en attente de véritables moyens de la part des services déconcentrés de l’Etat et nous revendiquons l’octroi de moyens exceptionnels au regard de la détresse et de l’urgence sociale dans laquelle se trouvent de nombreux habitants. C’est indispensable pour rétablir l’égalité d’où partant la citoyenneté.

Nous proposons que dans les 1300 quartiers « politique de la ville », l’Etat s’engage à financer la construction,la réhabilitation et le fonctionnement d’équipements structurants (médiathèques, centres de santé, structures d’accueil pour jeunes enfants et personnes âgées isolées,centre sociaux…). »

Comment le dire plus clairement? Moi-même, en tant que vice-président de Grand Rodez en charge de la politique de la ville lors du mandat précédent, ayant obtenu que le quartier des Quatre-Saisons correspondant aux critères imposés par le ministère soit retenu dans les 1300 quartiers prioritaires, je suis très sensible à cet appel d’autant que tel article de presse local laissait planer des doutes sur la réalité de cette qualification qui aura des retombées bien au-delà du quartier lui-même sur Onet dans son ensemble et sur Rodez dans la mesure où cela permettra d’impulser des actions et des services qui dépasseront le cadre strict de la zone géographique concernée, à condition toutefois que dans le prolongement de l’Etat la communauté d’agglomération, ce dont je ne doute pas à lire son Président, le département et la région affichent aussi une volonté commune de mener à bien la démarche engagée.

CHEZ A. BRETON : esthétique,surréalisme et histoire.

Dimanche 8 mars la douceur atmosphérique et un soleil radieux incitaient à enfin profiter d’une première échappée presque printanière, d’où l’objectif: visite de St Cirq Lapopie, la Rome du surréalisme dont André Breton était le très souverain pontife bien qu’il s’en défendît.

imagesSa maison, XIII° siècle, ancienne auberge des mariniers, paraît-il dénuée du plus élémentaire confort, et la vue qu’elle offre sur un méandre du Lot sont un enchantement chargé de l’histoire d’une passionnante aventure littéraire et humaine. Il y passa tous les étés jusqu’à sa mort. Il y écrivait en 1951 dans le livre d’or des Amis de St Cirq: « J’ai cessé de me désirer ailleurs… St Cirq a disposé de moi…Je crois que le secret de sa poésie…est le produit du plus rare équilibre dans la plus parfaite dénivellation des plans… ».

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Ce point d’équilibre si cher aux surréalistes, à la confluence des contrariétés et des contradictions, tel que Breton le définit dans le Manifeste: « Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas, cessent d’être perçus contradictoirement. » A relire et à méditer.

Une incitation aussi à séjourner à St Cirq pour admirer cet équilibre et un « crève-coeur » (ARAGON) à considérer que cette maison est fermée, que toutes les archives qu’elle contenait, témoignages d’une époque si riche où Breton  avait côtoyé Aragon, Eluard, Desnos, Dali … et tant d’autres, et recevait à St Cirq Max Ernst, Gréco et Léo Ferré, ont été dispersées au gré des enchères.