Recettes pour Remédier à la Pénurie…

Comment résister en ce 1° avril à un peu de bonne humeur dans ce monde « coronarisé » en proie à tous les doutes? Non, ce que vous allez peut-être lire n’est pas un poisson d’avril, ce n’est pas non plus une Fake, puisque Le Canard lui-même nous informe avec humour ce matin que le  1° avril 2020, pour cause de corona, est reporté au 1° avril 2021.

C ‘est un vieil écrit  de 500 ans à réactualiser. En effet, Le rayons P.Q. des grandes surfaces ayant été ravagé, la littérature peut venir au secours de tous ceux qui sont dans le besoin.

Ainsi, dès 1534, Alcofribas Nasier –anagramme de François Rabelais, moine et médecin de son état, philosophe de surcroît-  de son rire énorme nous livrait par la bouche de Gargantua quelques recettes qui pourraient nous permettre de faire face 

à ce genre de pénurie en un dialogue père-fils un peu cru certes mais fort distrayant entre deux personnages hors normes, le bon géant Grandgouzier et son jeune fils Gargantua (Chapitre XIII du livre éponyme).

Je vous laisse le plaisir de vous délecter de ces  quelques extraits, certes un peu crus, retranscrits en conservant le plus possible l’ancien français beaucoup moins affadi que notre langue technocratique actuelle, à faire rêver même les actuels « rapeurs » qui font pâle figure face au Maître. Laissons lui la parole:

 

Gargantua Chap.XIII Livre de Poche 1589 4°trim. 1965 
Comment Grandgousier cogneut l’esperit merveilleux de Gargantua à l’invention d’un torchecul
Sus la fin de la quinte année, Grandgouzier, retournant de la défai

cte des Canarriens (les Canaries), visita son filz Gargantua. Là fust resjouy comme tel pere povoit estre voyant un sien tel enfant, et, le baisant et accolant, l’interrogeoyt de petits propos pueriles en diverses sortes….avec ses gouvernantes, esquelles  par grand soing demandoit, entre autres cas, si elles l’avoyent tenu blanc et nect.

A ce Gargantua feist response qu’i y avait donné tel ordre qu’en tout le pays n’estoit guarson plus nect que luy.
-Comment cela? dist Grandgouzier.
-J’ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse expérience inventé un moyen de me torcher le cul le plus seigneurial, le plus excellent, le plus expédient que jamais feut veu.
-Quel? dist Granggousier.
-Comme vous le raconteray (dist Gargantua) présentement:
« Je me torchay une fois d’un cachenez de velours de une damoiselle et le trouvay bon car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande.
Une aultre foys d’un chaperon d’ycelles et feut de mesme. Une aultre foys d’un cache coul.
Une aultre foys des aureillettes (pendants de broderies qui retombaient du chapron sur le cou et étaient ornés de broderies et de pierres précieuses) de satin cramoysi mais la dorure d’un tas de sphères qui y estoient m’escorchèrent tout le derriere, que le feu de sainct Antoine( le mal des ardents ou ergotisme) arde (brûle) le boyau culier de l’orfebvre qui le feist et de la damoiselle qui les portoit.
Ce mal passa me torchant d’un bonnet de paige bien emplumé à la souice.
Puis, fiantant derrière un buisson trouvai un chat de Mars (tout jeune chaton très vigoureux), d’icelluy me torchay, mais ses gryphes me exulcererent tout le perinee. De ce me guéryz au lendemain me torchant des gands de ma mere, bien parfumez de maujoin(au parfum de sexe féminin).
Puis me torchay de saulge, de fenoil, de aneth, de marjolaine…de orties de consolde mais j’en eu la cacquesangue de Lombard (la dyssenterie)….. »
-Voyre, mais (dist Gandgouzier) lequel torchecul trouvas tu meilleur?
-Je me torchay après (dist Gargantua) d’un couvre chief, d’un aureiller, d’une pantofle…..Et notez que les chappeaulx les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il fait tres bonne abstersion de la matière fécale.
Puis me torchay d’une poulle, d’un coq….mais concluent je dys et maintiens qu’il n’y a tel torchecul que d’un oyzon bien dumeté (duveté), pourveu q’on luy tienne la teste entre les jambes car vous sentez une volupté mirificque tant par la doulceur d’icelluy dumet que par la chaleur tempérée de l’oyzon laquelle facilement est communicquée au boyau culier jusques à venir  à la region du cueur et du cerveau »…   

Merci François pour ces recettes à diffuser sans retenue si elles ne sont pas trop choquantes aux yeux de certaines personnes. A leur rappeler cependant que c’est un moine qui les a écrites, et comme tu l’écrivais en avant-propos:  » Mais par telle legiereté ne convient estimer les oeuvres des humains.Car vous mesmes dictes que l’habit ne faict poinct le moyne ».

 

 

 

 

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